Mis Espectrales


VIRGINIE POITRASSON

Traducción: LOLA NIETO










Mi cuerpo es un campo de batalla.

Se asocia fácilmente a la preposición “de”.

Una serie de recetas más variadas unas que otras
de la transcripción a la traducción, a la repetición,
evitando, mejor o peor,
la seducción, la distracción y la manipulación.

Mi cuerpo es un campo de batalla, pero
no es suficientemente bello,
no es suficientemente delgado,
no es suficientemente estúpido,
no es suficientemente joven,
no es suficientemente irónico,
no es suficientemente vacío,
no es suficientemente lleno.

Es un juego infinito de superposiciones
(miss mundo, hija de, madona, madre de, etc.),
un fractal,
donde las fronteras están en juego.








Una mujer es este motivo que se borda en superficie,
plural, diseminado,
sobre todo porque,
si se mira de cerca,
la belleza lo complica todo.

Ella engendra lo específico una y otra vez
Ella se repara, se cose
Las imágenes se anudan, se desenredan.

Libera
Libera
Libera
Libera
Libera,
¡he aquí la famosa superstición!
Desenvuelta a modo de nada…








Todo puede suceder allí donde van,
ejemplificados
en esta humedad,
donde las formas se derriten,
marchitando sus sombras  
para después inflarlas,
gigantes, revoloteando por la pared.  

Ya no es momento para puntos de vista personales.
(¿Ha habido alguna vez tiempo para eso?)

Ella, miradla aquí copiada, miradla ridiculizada,
su abrazo de muñeca suelta la presa,
el corazón de él no se ha detenido aún,

y no duerme,
ella mira su espalda:
Déjalo.
Déjala.

Un solo punto de acceso.
El sentido resbala más allá de las moléculas.

Ella se sabe vertical. Como él.
Quieren ser horizontales.
Seguramente deberán esperar aún.








Y los huesos en su sitio preciso,
todo acomodado,
sus narices se alargan,
la enfermedad es declarada contagiosa,
una a una las lenguas se bifurcan,
todo recomienza…

Sólo podemos concluir este test in situ:

Tasa de participación: 97%
Abandono a mitad de test: 21%

Media de los resultados:
-    Concreción: 44%
-    Estado virtual: 64%
-    No sabe no contesta: 2%

Tasa de satisfacción: 71%

N.B.: Ciertos sujetos (sobre todo, sujetas) se muestran más reacios a ser fijados con
alfileres (a la pared) que antes.








Baaaaah…

La leyenda ha repetido siempre:
“Si una mujer utiliza los diez dedos
es que está tejiendo.”

Se ha creído que era un hada o una bruja.

En realidad, ella es ella y sigue siendo ella.
Los nudos y costuras son ataduras.

… el tiempo de las arañas ha llegado de nuevo a la casa. Las arañas en las esquinas cerca del techo, los capullos atrapados en las telarañas. Hilos plateados que parecen producto de una luz pura, una luz frágil como una información pero portadora de ideas…

Mmm, ffiuiuiu….

Disimula su técnica, sus secreciones que envuelven, protegen,
alertan y se enroscan.

Su palabra –primer baño– se desdobla del gesto,
es la hora de ponerle remedio, ey ¿qué pasa?













Mon corps est un champ de bataille.

On l’associe volontiers à la préposition « de ».

Une enfilade de recettes plus variées les unes que les autres,
de la transcription à la traduction, à la répétition,
en évitant, plus ou moins bien,
la séduction, la distraction et la manipulation.

Mon corps est un champ de bataille, mais
il n’est pas suffisamment beau,
il n’est pas suffisamment mince,
il n’est pas suffisamment stupide,
il n’est pas suffisamment jeune,
il n’est pas suffisamment ironique,
il n’est pas suffisamment vide,
il n’est pas suffisamment plein.

Il est un jeu infini de superpositions
(miss monde, fille de, madone, mère de, etc.),
une fractale
où les frontières sont en jeu.








Une femme est ce motif qui se brode en surface,
pluriel, disséminé,
surtout parce que,
si l’on y regarde de plus près,
la beauté a l’air de tout compliquer.

Elle engendre du spécifique encore et encore
Elle se répare, se coud
Les images, elles se nouent, se démêlent.

Elle délivre
Elle délivre
Elle délivre
Elle délivre
Elle délivre,
la voilà, la fameuse superstition !
Désinvolte et l’air de rien…








Tout peut arriver là ou ils vont,
exemplifiés
dans cette humidité,
où les formes se mêlent,
faisant flétrir leurs ombres
pour à nouveau les gonfler,
géantes, papillonnantes sur le mur.

Il n’est plus l’heure des points de vue personnels.
(En a-t-il jamais été l’heure ?)

Elle, voilà copiée, la voilà raillée,
son étreinte de poupée lâche prise,
son cœur à lui ne s’est pas encore arrêté,

et il ne dort toujours pas,
elle voit son dos :
Laisse-le.
Laisse-la.

Un seul lieu d’accès.
Le sens découle bien au-delà des molécules.

Elle se sait verticale. Comme lui.
Ils se veulent horizontaux.
Il faudra sûrement encore attendre.








Et leurs os bien en place,
tout se raccommode,
leurs nez s’allongent,
la maladie est déclarée contagieuse,
une à une, les langues fourchent,
et voilà que ça repart…

Il ne nous reste plus qu’à conclure ce test in situ :

Taux de participation : 97%
Abandon en cours de test : 21%

Moyenne des résultats :
-    Concrétisation : 44%
-    Etat virtuel : 64%
-    Ne se prononcent pas : 2%

Taux de satisfaction : 71%

N.B. : Certain sujets (surtout des sujettes) se révèlent plus durs à épingler
(au mur) qu’auparavant.








Pfffff…

La légende a longtemps répété :
« Lorsqu’une femme fait quelque chose de ses dix doigts,
elle travaille la laine. »

On l’a souvent cru fée ou sorcière.

En réalité, elle est elle et se maintient elle.
Les nœuds et coutures étant des dépendances.

… le temps des araignées est de nouveau arrivé dans la maison. Les araignées dans les coins près des plafonds, des cocons au creux des toiles. Des fils argentés qui semblent produits par de la lumière pure, une lumière fragile comme une information mais pourvoyeuse d’idées…

Hum, ffououou….

Elle dissimule sa technicité, ses secrétions qui emballent, protègent,
alertent et s’enroulent.

Sa parole – premier bain – se double du geste,
il est plus que temps d’y remédier, ouaich !





Poemas de Il faut toujours garder en tête une formule magique (Éditions de l’Attente, 2012)


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